"Des Mariages" Journées LAF


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Samedi 12 et dimanche 13 Janvier 2013 à Paris

"Des mariages"

à l’Institut National des Jeunes Sourds - 254 bis, rue Saint-Jacques - 75005 Paris

Horaires : Samedi 12 janvier : 9h00 – 12h00 et 14h30 – 17h30, Dimanche 13 janvier : 9h00 – 12h00

Argumentaire de Gabriel Balbo (extrait du site de la LAF): 

La réforme de l’union matrimoniale et parentale qu’on nous annonce, est-elle symbolique d’un saut qualitatif dans notre société ?

Se soutenant d’une demande de droit au mariage, formulée par une minorité d’homosexuels en quête de reconnaissance, en quoi cette réforme serait-elle bouleversante ?

Est-ce bien en vérité de cette demande, qu’il s’agit ? La revendication insistante et patente n’est-elle pas, pour un couple homosexuel, le droit d’avoir ses enfants ?

La réforme explicite du droit au mariage glisse alors sensiblement vers ce dont elle se soutient, pour justifier de sa pertinence : le droit… « d’enfanter ».

C’est là le fond qui légitime le droit d’accès au mariage pour les homosexuels, comme pour les autres ; fond dont on sait le fabuleux adage : « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ».

Ce fond se soutient cependant d’un impossible, qui le rend exclusif. Quel qu’en soit le mode de réalisation, la conception d’un enfant ne peut être qu’hétérosexuée : elle ne peut être homosexuée. C’est là un réelincontournable, - auquel un bestiaire expérimental, s’il aboutit à quelque résultat, ne changera rien.

Contrairement à ce que pense Beaumarchais, le mariage n’est pas des choses sérieuses la plus bouffonne. Pour qu’il n’en soit pas la pire, ne convient-il pas de distinguer le mariage par lequel l’enfant ne peut naître que hors des liens matrimoniaux, du mariage par lequel l’enfant naît dans ces liens ? Dans un cas les père et mère de l’enfant sont ses parents et ses géniteurs, dans l’autre cas les parents de l’enfant ne sont pas conjointement ses géniteurs, – ce que par amour une « nuit transfigurée » peut certes sublimer.

Cette différence de statut de l’enfant, liée à ses origines, n’est-elle pas décisive d’une différence de statut du mariage hétérosexué et du mariage homosexué ? De qualifier les deux sortes de mariage d’un unique et même nom, que peut-il résulter d’autre qu’un quiproquo avec tous les malentendus qu’il entraîne ?

C’est sur le quiproquo et le malentendu que le psychanalyste a beaucoup à dire, à partir notamment de la structure élémentaire de la parenté freudienne, et de l’inentendu autant que de l’inattendu qui la sous-tendent.

G. B.

Paris