Université Jeanne LUQUET

Sujet: "L'attachement face aux contraintes de l'existence"

Argumentaire:

"Dès les premiers souffles de vies, le sujet nouveau-né est confronté à l’épineux problème de son existence, par l’absolue nécessité de son adaptation à l’environnement. L’environnement, d’une étendue incommensurable, impose à l’enfant dans les cinq premières années de vie à se frayer un chemin singulier où asseoir sa personnalité. Ce chemin il le poursuivra tout le cours de son histoire, à quelques modifications près, mais le but premier inchangé demeure le maintien de l’homéostasie assurant la sécurité du sujet et sa place dans la communauté humaine et dans le monde. Cette place, comme la sécurité nécessaire à sa définition, ne relève pas d’un déterminisme figé mais d’un mouvement causalo-finaliste qui invite le sujet à advenir dans une entéléchie lui esquissant un idéal de vie en perpétuel réviviscence. Cette impulsion supporte l’intégration d’un passif phylogénétique autant qu’ontogénétique, riche des expériences de l’homo sapiens et des conquêtes de l’homme parachevé sur sa petitesse dans l’immense jungle des espèces chacun en concurrence pour sa propre perpétuation. L’intégration de ce passif, exige de l’individu le franchissement des étapes allant de l’infériorité organique à l’incomplétude, de l’hérédité à l’acquis, du fantasme de toute-puissance infantile à l’expérience du réel et l’instruit sur sa propre modélisation. L’enfant découvre alors, à chaque étape que le réel ne peut-être façonné à loisir, qu’il est fait d’un ensemble de forces avec lequel il devra composer, jouer en créant des liens autres que la logique du rapport de forces pour lequel, il n’est pas de taille. Dès les premiers soubresauts, l’incomplétude organo-fonctionnelle pousse, pour être plus efficient, le bébé, d’abord à s’attacher le corps et le corps maternel en tant que même, puis prolongement et enfin distinct mais complémentaire. Grâce au succès que lui procure cette stratégie, il présuppose que tout dépend de lui, il découvre la mère, figure d’attachement primaire, comme dévouée à l’entièreté de ses satisfactions et exige la soumission de celle-ci. Mais les pressions contre-fictionnelles de la Gesellschaft et la Gemeinschaft  combinées  l’enjoignent  au  réexamen de sa toute-puissance et de découvrir que son illusion de pouvoir ne permet pas le masquage de ses infériorités mais conduit à l’expérience du manque et à la prise en compte de ses limites. La nécessité de dépassement de celles-ci, il reconnait alors la mère comme alliée potentielle, modifie la nature des liens qui les unissent et l’associe à ses succès.Conforté par cette complémentarité, il convie d’autres figures adventices (père, frère grand-parent…) puis propose un pacte d’alliance assurant ses réussites, l’altérité traduisant dans les jeux interrelationnels la parenté et sa définition singulière dans la constellation familiale.L’ensemble du processus modélise l’attachement en un ensemble de liens singuliers à la base de toute relation humaine et au-delà. C’est là l’essentiel de ce qui nourrit le sujet et le conduit vers sa singularité et sa réussite. Ce qui justifie l’attachement est sa permanence dans la durée et dans l’éprouvé, de sa réactualisation, de sa plasticité, en toute circonstance et tout au long de l’existence. Autant de caractères indispensables pour assurer sécurité et succès au sujet advenant. Tous les évènements de la vie heureux ou malheureux passent par le filtre de l’attachement, outil indispensable à l’adaptation du sujet humain. Car ne dit-on pas de l’homme qu’il est un animal de relation et que sa survie dépend de sa capacité à tisser des liens, or l’attachement se découvre et s’élabore en autant de définitions qu’il y a d’individus, du fait même, de sa manière d’influencer la personnalité. C’est, donc, la réflexion que proposons de mener en 2018 et que nous synthétisons dans l’intitulé du thème des travaux des séminaires mensuels : La clinique qui nous ouvre à l’intellection du comportement individuel et aiguise à l’intuitivité d’un savoir sur le sens humain, ici encore est la première convoquée, elle s’éclairera là de la pratique issue des princeps de la psychanalyse adlérienne.Le même thème est inscrit à l’Université Jeanne Luquet 2018, mais permet l’accueil des points de vue de confrères d’expériences et de pratiques différentes, la clinique en référence viendra enrichir les débats et ouvrir à des avancées dans nos pratiques et dans la compréhension de l’homme.​"

Société Française de psychanalyse adlérienne

Angoulême 17