Psychanalyste


Le psychanalyste

La transmission de la psychanalyse

Le savoir psychanalytique ne se contente pas uniquement d'un savoir théorique (Universités, Ecoles). Le psychanalyste posséde en général un niveau minimum bac+5. De nombreux psychanalystes sont médecins-psychiatres, psychologues cliniciens de formation mais aussi philosophes, historiens, sociologues, juristes, scientifiques, graphologues et certains viennent des secteurs paramédicaux, du social... Mais le savoir (psychopathologique et psychothérapique) et l'exercice de la psychanalyse ne se limite pas (et ne doit pas se limiter) uniquement à ces conditions.

L'élève-analyste doit se sousmettre lui-même à une psychanalyse. L'analysant assiste à des séminaires des groupes de travail, des conférences, des colloques... Il est inscrit auprès d'une société ou d'une association psychanalytique (école de psychanalyse). Il est un "acteur" de l'association.

L'élève-analyste est un grand lecteur non seulement des oeuvres de nos grands psychanalystes mais aussi d'ouvrages philosophiques, cliniques, médicaux, scientifiques, artistiques... l'analyste ne cesse jamais de lire, de se former, d'échanger, d'apprendre...

L'analyse du future psychanalyste est dite "didactique". Elle est censée éclairer le psychanalyste sur son propre inconscient et sur la façon de traiter ses patients. L'analysant est supervisé par un analyste confirmé.

De nombreuses associations psychanalytiques ont adopté la position de Jacques Lacan à savoir:

- Une école de psychanalyse qui assure et garantit la formation du psychanalyste.

- La "passe" (passant, passeur et jury)

- Le cartel (un petit groupe de travail de trois à cinq personnes)

Il existe plusieurs associations psychanalytiques. Vous en trouverez quelques unes citées dans ma rubrique intitulée "Sites et ouvrages favoris"

Il existe plusieurs courants: Freudien, Lacanien, adlérien, jungien...Leurs élèves sont dans un premier temps cooptés puis agréés...

Le diplôme de psychanalyste n’existe pas. Aucune Association psychanalytique, aucune Ecole ne délivre un « diplôme » de psychanalyste et pour cause!

Seule la cure analytique peut ouvrir sur le désir du psychanalyste. L’analyse personnelle est nécessaire mais non suffisante à faire émerger « du psychanalyste ». Extrait de l'ECF

Il existe des diplômes et certificats de formation théorique en psychanalyse; certaines Universités ont un "Département de psychanalyse" et proposent aux étudiants une formation théorique et de recherche. Il existe aussi des Ecoles qui forment aux différentes approches et théories psychanalytiques. Mais il est vivement recommandé, comme mentionné plus haut, d'être également inscrit auprès d'une Association psychanalytique (école de psychanalyse) digne de ce nom pour suivre une formation théorique et pratique. Les Associations ou Sociétés psychanalytiques organisent également les supervisions des analysants (futurs analystes). Elles contribuent à la reconnaissance des futurs analystes et accréditent leur parcours et leur formation. Le titre de psychanalyste n'est pas un titre protégé (voir la réforme du titre de psychothérapeute)

Les analystes respectent un code d'éthique et déontologique (cf mon thème sur la "déontologie en psychanalyse"). De même, qu'en fonction de leur courant, ils respectent des règles (la règle commune et fondamentale étant la "libre association" des idées de l'analysant). Rappelons que les patients doivent se renseigner sur le parcours de leur analyste avant d'entreprendre une analyse.

 

Il faut de nombreuses années pour être psychanalyste...

Je n'aborderai pas ici le décret d'application de la loi sur le "titre de psychothérapeute"...mais la lecture de cette loi, l'avis et les commentaires de certains professionnelles de la "psy" méritent qu'on s'y attarde...

Freud disait: "Serait un charlatan celui qui pratiquerait l'analyse sans avoir été lui même analysé...qu'il ait un diplôme de médecin ou de psychologue n'y changerait rien..."

"Démasquer le réel est le travail du psychanalyste" - Serge leclaire, psychanalyste, disciple de Lacan - Extrait de "Démasquer le réel, un essai sur l'objet en psychanalyse" (P.11)

EM

 

surgence-supervision

 

Revue de la LAF, n° spécial, automne 2009, en son intitulé "NEC PLUS ULTRA" traite de la supervision du psychanalyste

Nec plus Ultra : 

"La supervision au regard du: devenir psychanalyste"

Ci-dessous l'argumentaire des Journées qui ont été organisées par la Libre Association Freudienne les 06 et 07 juin 2009 (Gabriel Balbo):

"Lacan soutenait que « pour faire entendre aux fins de formation qui
sont les nôtres ce qu’il en est de la question du sujet telle que la psychanalyse
la subvertit proprement », nous sommes « qualifiés », en raison surtout :
- de notre expérience de cette praxis qui a pour nom psychanalyse,
- de la transmission d’un savoir théorique qui lui soit propre,
- de notre prétention de donner statut scientifique à ce savoir.

Et nous sommes d’autant plus qualifiés que nous savons que la
condition nécessaire et suffisante pour prétendre à ce statut, consiste à
« nouer plus intimement le régime du savoir à celui de la vérité ». Ainsi
ferons-nous entrer la vérité dans le champ de la science, du même pas 

freudien qui l’impose, dans le champ de notre praxis. Juste retour du refoulé.

L’époque de ce libre retentissement de la découverte analytique n’est
plus. Aujourd’hui, notre champ n’est plus aussi autonome ; on lui souhaite
même d’avoir davantage d’auto-momie. Notre savoir, critiqué par les sciences
voisines, convoité par le politique, connaît des restrictions à son extension,
tandis que des prescriptions légales limitent son intention comme ses
prétentions. Qu’en devons-nous penser, comment en tenir compte ?

Car enfin, un devenir est toujours autre à toute formation : telle la
momie, celle-ci ne relève que d’un lien social et ne dépend, pour être réalisée,
que d’objets et de rituels programmés ; tel le désir, celui-là ne regarde que le
seul sujet, et ne s’ordonne qu’à sa subversion. Comment, dès lors, concilier
l’une et l’autre ?

Pendant ces journées, nous verrons en quoi et comment, fût-ce au prix
de la formation de symptômes spécifiques, la supervision peut être le levier
par lequel devenir et formation peuvent se concilier plutôt que d’être en
conflit.

Leur dialectique présente l’intérêt de nous faire entendre combien toute transmission

d’un savoir-faire, réfère au registre du négatif d’un faire savoir 

qui est sinon assigné, parce que refoulé, à ne jamais relever de la vérité qui lui
donne consistance"