Psychothérapies du sujet âgé

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Le point de vue d’une psychanalyste Mme Danielle Quinodoz

"Pas de limite d’âge si l’on désire entreprendre une psychanalyse"

"Freud avait dit, dans une conférence en 1904, que les personnes de 50 ans et plus ne sont plus aptes à être prises en psychanalyse parce que, je le cite, «elles ne disposent plus de la plasticité des processus psychiques sur laquelle s’appuie le thérapeute... et en outre que la quantité de matériaux à défricher augmente indéfiniment la durée du traitement» (Freud, 1904, p.17). Cette déclaration, faite lorsque Freud avait 48 ans, a été très remarquée; pourtant, en profondeur, Freud nous a laissé un enseignement qui permet de remettre en question cette déclaration. En effet, en découvrant l’inconscient et en inventant la psychanalyse, Freud permet à chacun de découvrir en soi-même un monde interne d’une richesse insoupçonnée auparavant. En particulier, la liberté de jouer avec tous les fantasmes sans que cela veuille dire que l’on va les réaliser permet d’espérer acquérir une meilleure plasticité psychique; et, par ailleurs, le travail de l’inconscient met en évidence que les souvenirs ne s’accumulent pas comme des matériaux dont la liste se rallonge, mais que chacun de nous combine inconsciemment entre eux les souvenirs dans un remodelage incessant qui crée à chaque instant l’unité de la personne totale.

La difficulté rencontrée dans une analyse est donc moins en relation avec la quantité de souvenirs qu’avec la capacité de les intégrer. Freud a été le premier à nous démontrer que cette plasticité et cette création synthétique constante ne s’arrêtent pas à 50 ans car il a repris et remanié sans cesse ses écrits jusqu’à sa mort à 82 ans. C’est pourquoi il n’est pas étonnant de voir maintenant que des personnes ayant largement dépassé l’âge de la retraite ont entrepris cette aventure que représente une psychanalyse pour le plaisir de mieux vivre la fin de leur vie et de la situer dans une histoire interne personnelle qui prenne sens. Moi-même, après plusieurs expériences positives avec des analysants âgés, je suis convaincue qu’il n’y a pas d’âge limite pour prendre une personne motivée en psychanalyse ou en psychothérapie..."

Infos et cas cliniques sur le site:

https://www.cairn.info/revue-psychotherapies-2002-2-page-105.htm

Site de cairn.info:

http://www.cairn.info

 


 

"Notre perception du temps est le produit d’une déformation, d’une diffraction comparable à l’image angulée d’un bâton plongé dans l’eau, à cause d’un « inconscient persuadé de son immortalité ». Tout comme l’image de ce bâton, à la fois dans l’eau et dans l’air, notre position sur l’axe du temps est faussée par notre « vision psychique », par notre indice de réfraction mental.​.."

Gérard le Gouès, psychiatre, psychanalyste, gérontologue (1940-2011)

Extrait de "Le stade des rides", Revue Française de Psychanalyse, PUF, 2005

 


 

Vieillir

 

Danielle Quinodoz est psychanalyste à Genève en pratique privée, membre formateur de la Société Suisse de Psychanalyse et de l’Association Psychanalytique Internationale fondée par Freud. Elle a été consultante auprès des Institutions Universitaires de Psychiatrie et de Gériatrie de Genève. Elle a publié aux Puf Le vertige entre angoisse et plaisir (1994) et Des mots qui touchent. Une psychanalyste apprend à parler (2002). Elle a collaboré à l’ouvrage Psychiatrie du sujet âgé (Flammarion, 1999). D. Quinodoz a reçu à Rome le Prix Sacerdoti en 1989 et à Paris le Prix Psychologie en 1995.

Résumé

"Il y a tellement de façons de vieillir !
Vieillir peut faire peur : les pertes de toutes sortes à affronter, les défaillances et les êtres chers qui disparaissent. Pourtant, il y a des personnes qui donnent envie de vieillir. Elles n’ont pas été épargnées par l’existence, mais, pour elles, vieillir, c’est continuer l’aventure de la vie. Elles semblent conserver sous forme de richesses intérieures les richesses extérieures qu’elles ont perdues, et même découvrir de nouvelles libertés. À la limite, sauraient-elles tout perdre sans se perdre ? Et si vieillir était pour elles l’occasion d’apprendre à mieux s’aimer et à mieux aimer ?
L’auteur a une longue expérience des psychanalyses et des psychothérapies de personnes âgées, qu’elle a transmise à travers des supervisions et des séminaires. Elle a attendu d’avoir elle-même pris de l’âge pour pouvoir parler en connaissance de cause afin de mettre en valeur les richesses de la vieillesse et lui redonner sa noblesse."

 


 

http://www.eric-marie-psycho-social.com